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Le blog de patybio

Rudolf Steiner

, 23:20pm

 

Rudolf Steiner (1861 - 1925) 


http://ersge.capp.ch/stein.html Philosophe, médecin, pédagogue et spiritualiste autrichien, Rudolf Steiner est parvenu à réunir, par sa recherche spirituelle et son intérêt particulier pour la nature humaine, christianisme et mysticisme oriental.

Steiner fonde ainsi l'anthroposophie, une science mystique qui conçoit l'univers et ses habitants aussi bien en terme de matière que d'énergie. De ce fait, il souhaite que l'homme redécouvre ses attributs énergétiques ou pouvoirs spirituels aptes à le ré-harmoniser avec lui-même, avec son environnement et avec l'univers. Considérant par ailleurs le Christ comme « le véritable cœur de l'histoire terrestre » et donc comme le moteur de notre évolution au sein du cosmos, il identifie ce pouvoir spirituel au « don du cœur » : seule force capable de relier le corps physique à l'esprit créateur. Steiner fit d'ailleurs cette expérience du cœur en guérissant un garçon arriéré dont il fut le précepteur durant six années. « L'Impulsion du Christ et la Connaissance du moi », « l'Esotérisme chrétien », « l'Initiation ou la Connaissance des mondes supérieurs », « Bases spirituelles de l'éducation »… Nombreux sont les ouvrages révélateurs de la pensée de Rudolf Steiner qui posa les bases d'un mysticisme pragmatique. Car ce qui fit l'originalité et la force de sa doctrine c'est qu'elle eut des prolongements concrets dans tous les domaines susceptibles de promouvoir l'équilibre de l'être : médecine, agriculture, éducation, psychiatrie, science, théâtre, danse… Steiner établit ainsi les fondements d'une médecine considérant autant le corps que l'esprit ; il fut le père de l'agriculture bio-dynamique visant à rendre le sol et la plante réceptifs aux énergies subtiles de la terre et du ciel donc aptes à nourrir l'intégralité de l'être. Il conçut une nouvelle pédagogie scolaire respectant les processus et les rythmes d'évolution afin de donner à l'enfant toutes les chances de devenir un adulte équilibré et responsable… Par ses brillantes conférences prononcées dans toute l'Europe et par ses capacités d'adapter son langage en fonction de ses interlocuteurs : savants, mystiques, scientifiques, hommes politiques… Steiner a exercé en son temps une profonde influence sur la société. Et, aujourd'hui, le mouvement anthroposophique possède des centres dans 57 pays.

A l'aube de ce troisième millénaire où l'homme fait un retour aux vraies valeurs, la pensée de cet homme soucieux de l'évolution de l'homme et de celle du monde n'a jamais été autant d'actualité...

(source fraternet .com)

 

 

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photo internet

 

L'anthroposophie est un courant de pensée et de spiritualité créé au début du XXe siècle par Rudolf Steiner. Selon lui elle serait une science de l'esprit, une tentative d'étudier, d'éprouver et de décrire des phénomènes spirituels avec la même précision et clarté avec lesquelles la science étudie et décrit le monde physique. L'usage du terme «science» appliqué à cette démarche a été contesté par les tenants de la méthode scientifique.

Les principes de l'anthroposophie ont été appliqués dans divers domaines, comme dans les écoles Steiner, l'agriculture biodynamique, la médecine anthroposophique.

L'anthroposophie ne doit pas être confondue avec l'anthropologie qui est l'étude empirique de l'humanité et qui appartient au domaine des sciences humaines.

L'origine du terme «anthroposophie»

Le mot anthroposophie (de anthropos et sophia, littéralement «la sagesse de l'homme») n'est pas un néologisme créé par Rudolf Steiner. On en trouve déjà des traces au XVIe siècle chez un auteur anonyme. Puis chez Thomas Vaughan en 1650 dans un ouvrage portant pour titre : Anthroposophia Magica. On le trouve ensuite utilisé chez Troxler (1780-1866) en 1806, chez Immanuel Hermann Fichte en 1856, chez Gideon Spicker (1872-1920) en 1872, chez le philosophe viennois Robert Zimmermann (1824-1898) en 1882 ; c'est de ce dernier dont Steiner s'est inspiré[1].

 

Qu'est-ce que l'anthroposophie ?

Steiner postule que ce qu'il nomme l'observation et le penser seraient les deux piliers de toute connaissance. Il propose, par une intensification conjointe de ces deux activités de faire l'expérience de l'essence du penser, qu'il nomme le penser pur [2]. De ce dernier, l'homme doit pouvoir tirer en toute autonomie le motif de ses actions et agir alors librement. C'est ce que Rudolf Steiner a nommé «l'individualisme éthique»[3]. L'anthroposophie se fonde sur l'affirmation d'un dépassement envisageable de la vision matérialiste de la nature et du monde en y ajoutant les niveaux suprasensibles de l'existence : processus vitaux, âme et esprit. Selon Steiner :

«L'interprétation correcte du mot «anthroposophie» n'est pas «sagesse de l'homme», mais «conscience de son humanité», c'est-à-dire : éduquer sa volonté, cultiver la connaissance, vivre le destin de son temps pour donner à son âme une orientation de conscience, une sophia. [4]

L'anthroposophie cherche à développer en l'homme les forces nécessaires pour appréhender ce qui existerait au-delà des sens : monde éthérique ou monde des forces formatrices, monde psychique ou astral, monde spirituel. Pour Kant, l'homme ne peut pas connaître ce qui est au-delà des perceptions sensorielles. Pour l'anthroposophie, l'homme peut développer en lui les facultés qui lui permettent de dépasser cette limite.

Sur ce chemin, la connaissance de soi et le développement des forces morales sont présentés comme indispensables pour éviter les «décollements» et prévenir les dérapages.

«La règle d'or est celle-ci : Lorsque tu tentes de faire un pas en avant dans la connaissance des vérités occultes, avance en même temps de trois pas dans le perfectionnement de ton caractère en direction du bien. [5]»

Dans la conception anthroposophique du monde, «cet univers a été conçu particulièrement pour que nous y fussions positionnés». L'Adam Kadmon, l'archétype originel de l'être humain en descendant dans la matière, aurait rejeté hors de lui les autres règnes de la nature, ce qui expliquerait la parenté des processus agissant dans la nature avec ceux qui existent dans l'être humain. L'être humain évoluerait vers la perfection à travers les réincarnations, guidé par les «anges» du karma. Pour l'anthroposophie, le plan divin de l'évolution de la dixième hiérarchie - l'humanité - serait sous la tutelle des hiérarchies créatrices, celles citées par «Denys l'Aréopagite» dans son traité «De la hiérarchie céleste».

L'entité du Christ, le Logos ou Verbe, joue un rôle central dans la cosmogonie steinérienne ; cependant l'anthroposophie ne se conçoit pas elle-même comme une religion. [6]

En se basant sur les résultats de l'investigation spirituelle, l'anthroposophie propose dans l'ensemble des domaines de l'existence, des applications pratiques qui se veulent en harmonie avec la nature profonde de l'homme : éducation, médecine, thérapies artistiques, pharmacie, agriculture, économie, vie sociale, arts, etc.

Dans ses œuvres philosophiques que sont Vérité et science et Philosophie de la liberté, Rudolf Steiner a tenté de donner la justification théorique épistémologique de la démarche anthroposophique.

 

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photo internet

Le développement historique de l'anthroposophie : quatre phases

Première phase

En 1900, Rudolf Steiner était connu comme un spécialiste des œuvres de Nietzsche et de Gœthe. Le 22 septembre 1900, il est sollicité, par un groupe local de la Société théosophique allemande, pour une conférence sur Nietzsche qui est mort quelques semaines plus tôt, le 25 août 1900. Il y donnera ensuite le 29 septembre une autre conférence sur Gœthe. Par la suite, Rudolf Steiner donnera de très nombreuses conférences au sein de la Société théosophique, et accepte d'en devenir membre le 17 janvier 1902. Il fut appelé Secrétaire général de la nouvelle section allemande de la Société théosophique le 19 octobre 1902.

De 1902 à 1909, Rudolf Steiner travaille à l'approfondissement de la recherche sur la «science de l'esprit» au sein de la Société théosophique, qui s'efforce de se positionner en interlocuteur légitime face aux courants de pensée philosophiques et scientifiques de l'époque.

Deuxième phase

Travail artistique et eurythmie

Dès 1907, commence à Munich une phase où la priorité sera donnée au travail artistique ; elle durera jusqu'en 1913.

Cette période commence par la représentation en 1907 à Munich d'œuvres dramatiques, imprégnées des principes de la science de l'esprit, telle que Les Mystères d'Éleusis et plus tard, en 1909 : Les Enfants de Lucifer, d'Édouard Schuré). Furent aussi représentés à Munich les quatre Drames-Mystères de Steiner, en 1910 La Porte de l'initiation, en 1911, l'Épreuve de l'âme, en 1912 Le Gardien du Seuil, en 1913 L'Éveil des âmes. C'est en particulier Marie de Sivers qui rendit envisageable ces représentations, non seulement par ses traductions des œuvres de Schuré, mais de par sa formation. En effet, lorsque, en 1902, elle découvrit la théosophie, elle venait de terminer des études de comédienne à Saint-Pétersbourg ainsi qu'à Paris.

Des artistes, comme les peintres russes Wassily Kandinsky et Alexei Jawlensky, l'écrivain russe Andreï Biély et le poète Christian Morgenstern côtoyèrent de près l'effervescence culturelle anthroposophique au cours de ces années. [7],[8]

Article détaillé : Eurythmie.

Les premiers pas de l'eurythmie se font dès 1912, mais c'est sous l'impulsion de Marie de Sivers qu'elle prit son essor et se développa.

Steiner donna de nombreux cours aux artistes, surtout sur l'eurythmie, sur l'art de la parole et sur l'art dramatique.

Construction du premier Gœtheanum

Steiner avait le projet de faire construire à Munich un édifice nommé le «Johannes-Bau» qui aurait été un lieu voué à l'activité artistique généralement, surtout théâtrale, et un centre pour la recherche, les rencontres et les conférences pour répondre aux besoins de l'intense activité qu'il impulsait alors, dans le cadre de la Société théosophique. Après quelques tentatives, le projet échoua pour des raisons administratives. Une opportunité se présenta à Dornach en Suisse, près de Bâle, et c'est là que démarra, en septembre 1913, la construction du Johannes-Bau, lequel fut ensuite rebaptisé «Gœtheanum». Des ouvriers, des architectes, des sculpteurs et peintres de multiples nationalités y travaillèrent ensemble pendant toute la Première Guerre mondiale et ensuite jusqu'en septembre 1920, suivant les indications de Steiner. Il sculpta lui-même le «Représentant de l'humanité», une énorme statue en bois d'orme qui devait figurer à l'arrière-plan de la scène, à l'est de l'édifice.

Les débuts de la Société anthroposophique

À l'Assemblée générale de 1909 à Adyar, les responsables de la Société théosophique, Annie Besant et C. W. Leadbeater, déclarèrent que Alcyone, le futur Jiddu Krishnamurti, alors âgé de 13 ans, était le Christ réincarné. Lorsque les Théosophes formèrent l'Ordre de l'Étoile d'Orient (Order of the Star of the East), une organisation dont le futur Krishnamurti devait prendre la tête à sa majorité, la rupture de la société anthroposophique avec la Société théosophique devint inévitable. De fait, cette affirmation allait à l'encontre de l'enseignement de Steiner qui affirmait que l'incarnation du Christ dans un corps humain était un événement unique dans l'histoire de l'humanité. Steiner s'étendit longuement sur ce sujet dans ses enseignements. Qui plus est , la propagande faite autour d'Alcyone risquait fort de perturber le développement de la Section allemande et de compliquer ses rapports avec les pouvoirs publics, car l'Empire allemand vivait sous le régime de non-séparation de l'Église et de l'État. Le 8 décembre 1912, le comité de la Section allemande déclara donc que l'appartenance à l'ordre de l'Étoile d'Orient était incompatible avec la qualité de membre de la Section allemande et pria les membres de l'ordre de se conformer à cette décision sous peine d'exclusion. D'autre part, le comité demanda la démission d'Annie Besant. Il en résulta que l'Assemblée annuelle de la Société théosophique qui se tenait à Adyar, à la demande d'Annie Besant, fit dissoudre la Section allemande, dissolution qui ne devint effective que le 7 mars 1913. Steiner et les membres dissidents, en quelque sorte exclus, fondèrent la Société Anthroposophique Universelle le 3 février 1913, au sein de laquelle Steiner n'exercerait aucune fonction administrative. La majorité des 2400 membres de la Section allemande de la Société théosophique suivirent Steiner dans son entreprise. [9],[10]

Troisième phase

De 1919 à 1924, l'anthroposophie étend son domaine d'application, durant cette période diverses initiatives voient le jour :

  • Première approche d'une analyse de l'édifice social par Rudolf Steiner : Le mouvement pour la triarticulation de l'organisme social, dans les mois qui suivirent la fin de la Première Guerre mondiale, a tenté de promouvoir auprès des élites culturelles et politiques allemandes des idées nouvelles pour une reconstruction de la société. Ce mouvement fut un échec politique. Cependant l'impulsion donnée à l'époque est toujours présente aujourd'hui (voir par exemple Nicanor Perlas[11]), et poursuit son chemin. Steiner exposa ses vues concernant l'organisation de la société et l'économie sociale dans quelques cycles de conférences entre 1918 et 1924. [12]
  • Première école Waldorf : Appliquant la pédagogie de Steiner, elle vit le jour en 1919 à Stuttgart. Originellement c'était une école d'entreprise essentiellement destinée aux enfants des ouvriers de la produit de cigarettes Waldorf-Astoria dont le directeur était Emil Molt (1876-1936). Les écoles Waldorf sont aussi nommées Écoles Steiner. De 1919 à 1924 Steiner donna 15 cycles de conférences, développant les bases d'une pédagogie issue de sa compréhension spirituelle de l'être humain. Les écoles Waldorf n'enseignent cependant pas l'anthroposophie. Ce sont les professeurs qui fondent dans l'anthroposophie et dans la conception de l'homme qu'elle propose, leur capacité à enseigner. [13]
  • La Communauté des Chrétiens se développe dès 1922 à Dornach avec le projet de rénover la pratique religieuse chrétienne. De jeunes théologiens s'adressèrent au pasteur protestant Friedrich Rittelmeyer (1872-1938), alors membre de la Société anthroposophique à Berlin. Ce dernier se tourna alors vers Rudolf Steiner pour lui demander conseil sur la manière de féconder le domaine cultuel religieux à partir des conceptions anthroposophiques. Steiner accéda à cette demande et organisa deux cours à l'intention de ces théologiens à Stuttgart ainsi qu'à Dornach. Rittelmeyer devint le premier recteur de ce «mouvement de rénovation religieuse» dont le centre s'établit à Stuttgart. La Communauté des Chrétiens, quoique reprenant les enseignements anthroposophiques, est indépendante de la Société anthroposophique. [14],[15]
  • La médecine, dite médecine anthroposophique, s'est développée suite à des cycles de conférences données à une trentaine de médecins, à leur demande. Une introduction systématique à cette orientation médicale fut rédigée dans un ouvrage que Rudolf Steiner écrivit avec Ita Wegman, médecin hollandais (1876-1943), dont le titre est Données de base pour un élargissement de l'art de guérir selon les connaissances de la science spirituelle. Par la suite, Ita Wegman fonda en 1921, à Arlesheim, près de Bâle, en Suisse, la première clinique anthroposophique, nommée aujourd'hui «Ita Wegman Klinik». [16]
  • L'agriculture biodynamique a pris naissance en Allemagne, à la demande d'agriculteurs. Rudolf Steiner donna un seul cycle de 8 conférences sur le sujet en juin 1924 à Koberwitz (Silésie). Par la suite, ce sont des agriculteurs et des agronomes qui ont expérimenté et développé cette pratique qui fut l'une des premières méthodes de ce qu'on nomme actuellement l'agriculture biologique. Elle est aujourd'hui pratiquée dans de nombreux domaines agricoles dans presque l'ensemble des pays du monde. Les produits cultivés selon cette méthode peuvent recevoir le label «Demeter» délivré en France par l'association Demeter France. [17],[18]

Quatrième phase

Quelques années avant sa mort, Steiner éprouva le besoin de réorganiser la Société anthroposophique, pour mettre un terme aux dissensions entre les groupes de membres. Il fonda par conséquent une nouvelle société : la «Société anthroposophique universelle» lors du Congrès de Noël de 1923. L'«École libre de science de l'esprit» fut par conséquent aussi fondée comme nouvelle forme de cette ancienne école ésotérique, dont les activités de l'école ésotérique avaient été suspendues pour des raisons de sécurité depuis la guerre 1914-1918. Steiner forma un comité de direction (Vorstand) dont il prit la présidence. Dans la société précédente, Steiner n'avait aucune fonction administrative, se considérant seulement comme instructeur ; dans la nouvelle, il assumera aussi la présidence du Vorstand et de l'École libre.

À cette époque, Steiner déploya une très grande activité malgré une santé de plus en plus précaire. Il donna surtout de nombreux cycles de conférences sur la réincarnation et le karma, sujet qui lui tenait à cœur depuis longtemps. À plusieurs reprises, il dut écourter ou remettre des conférences au dernier moment. Suite à la destruction du premier Gœthéanum dans un incendie criminel, il conçut et modela une maquette en argile du futur bâtiment qui cette fois serait construit en béton. La maladie eut finalement raison de lui, et il décéda le 30 mars 1925, tandis que les fondations du nouveau Gœthéanum étaient à peine achevées.

Steiner laissa derrière lui une somme énorme d'enseignements. Au total, il écrivit à peu près 30 livres et donna plus de 6 000 conférences, dont une partie furent recueillies et publiées. Incluant ses œuvres écrites, les recueils d'articles écrits dans des revues et des journaux mais aussi les sténogrammes retranscrits des conférences publiques et privées, l'édition allemande comprend à peu près 370 volumes. La majorité des œuvres écrites ont été traduites en français, ainsi qu'environ 2 200 conférences à ce jour (2006).

La mort de Steiner ne signifia pas la fin des dissensions dans la Société anthroposophique. Elles reprirent de plus belle, conduisant même à l'existence de deux sociétés après l'exclusion d'Ita Wegman et d'Elisabeth Vreede (1879-1943) en 1934. L'impensable arriva même avec l'exclusion en 1945 de Marie Steiner. Marie Steiner étant l'héritière légale de son époux, elle mit en chantier l'édition intégrale des œuvres anthroposophiques. À ce jour quasiment toute l'œuvre, y compris les documents de l'école ésotérique, a été publiée en langue allemande du moins. Elle est d'ailleurs tombée depuis peu dans le domaine public.

Sous le régime nazi, les écoles Waldorf et les institutions liées à l'anthroposophie furent interdites durant 10 ans en Allemagne. Elles furent cependant recréées en grand nombre dans l'après-guerre, de même que dans de nombreux pays.

 

 

Le Gœtheanum - la Société Anthroposophique -

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le mouvement anthroposophique

Le Gœtheanum est le siège de la Société anthroposophique universelle et de l'École Libre de Science de l'Esprit à Dornach, près de Bâle, en Suisse. La Société anthroposophique promeut une vie culturelle et spirituelle libre. L'École Libre de Science de l'Esprit a pour objet de faciliter des recherche dans le domaine spirituel. Elle est organisée en différentes sections :

Section d'anthroposophie générale - Section médicale - Section des mathématiques et d'astronomie - Section des sciences de la nature et département d'agriculture. - Section pédagogique - Section des sciences sociales - Section des arts plastiques - Section des arts de la parole et de la musique - Section des belles-lettres - Section pour la recherche spirituelle de la jeunesse.

Cette dernière section consacrée à la jeunesse est en lien avec la section d'anthroposophie générale, mais elle est ouverte à tout jeune intéressé, qu'il soit membre ou non. Rudolf Steiner a voulu qu'une place libre soit offerte pour les jeunes pour que la Société anthroposophique soit à l'écoute des attentes spirituelles de la jeunesse. Ainsi, quand dans un pays se trouve une société anthroposophique locale, une place est aussi réservée à la jeunesse.

La totalité des personnes liées aux idées anthroposophiques, sans être obligatoirement membres, forment le mouvement anthroposophique. La Société anthroposophique universelle, comme telle, a en 2008 légèrement plus de 50 000 membres. La Société anthroposophique ne fait ni propagande, ni prosélytisme. L'anthroposophie se fait en particulier connaître indirectement par des activités au cœur de la vie publique : bio-dynamie (labels Biodyn et Demeter), écoles Waldorf, arts, médecine, produits de soins et thérapeutiques, mais aussi par des initiatives dans le domaine social.

 

L'organisation spirituelle, psychique et physique de l'être humain selon l'anthroposophie

Selon le point de vue envisagé, Steiner propose diverses approches de la nature humaine, ce qui se traduit selon les cas par une subdivision en neuf, sept, quatre ou trois constituants :

  • En neuf : physique, éthérique, astral, âme de sensibilité, âme d'entendement, âme de conscience, Soi spirituel (manas), Esprit de vie (bouddhi), Homme-Esprit (atma).
  • En sept : physique, éthérique, astral, Moi, Soi spirituel (manas), Esprit de vie (bouddhi), Homme-Esprit (atma).
  • En quatre, puisque les corps supérieurs ne sont pas encore entièrement développés : physique, éthérique, astral, Moi (le Moi contenant en lui le germe de la triade spirituelle).
  • En trois : corps, âme et esprit.



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1. Le corps physique
C'est l'unique que la science respectant les traditions reconnaisse.

2. Le corps éthérique
Steiner l'appelle aussi corps vital ou corps de forces formatrices. Il s'agirait davantage d'un champ de forces que d'un corps. Il présiderait au développement du corps physique jusqu'à sa taille adulte et ensuite il dirigerait les processus qui maintiennent sa forme. C'est lui qui ferait du corps physique un corps vivant. Les plantes et les animaux auraient aussi un corps éthérique.

3. Le corps astral

Cette expression ancienne a été conservée par Steiner du fait qu'elle était d'usage courant en ésotérisme, mais il l'appelle aussi corps psychique, corps de conscience, quelquefois corps des désirs ou corps animique. Ce corps n'épouserait pas les formes des corps physique ou éthérique. Il affecterait une forme ovoïde parcourue par des courants de forces psychiques apparaissant lumineuses et particulièrement colorées à la «vision clairvoyante». Dans la littérature ésotérique, on en parle fréquemment comme de l'aura.

4. Le «Moi» ou le «Je»

Le Moi est reconnu comme l'entité supérieure immortelle de l'homme, conçue pour se déployer et se structurer sous la forme de ce que l'anthroposophie nomme «la triade spirituelle». Le Moi est censé agir dans l'âme et susciter ainsi l'être conscient.

5. L'âme

Dans la structure ternaire anthroposophique de l'être humain : Esprit - âme - corps, on nomme «corps» la totalité constitué du corps physique, du corps éthérique, et de la partie inférieure du corps astral. Le terme âme, sous-entendant ses trois aspects nommés âme de sensation[22], âme d'entendement[23] et âme de conscience[24], sert à désigner la partie supérieure du corps astral, alors que le terme esprit sert à désigner le moi, incluant le germe de la triade spirituelle. L'âme de sensibilité serait spécifiquement unie au corps astral. Le corps astral est censé rendre conscientes les impressions transmises par les organes sensoriels, mais ce serait dans l'âme de sensation que le Moi peut revivre les souvenirs, les représentations de ce qui a été perçu. L'expérience intérieure se déroule dans l'âme de sensation. Dans l'âme d'entendement, le Moi élabore ce qu'il reçoit. Il éclaire et élabore par la pensée ce qui vit dans l'âme de sensation. Grâce à cette partie de l'âme le Moi peut porter des jugements. C'est au sein de l'âme d'entendement que l'homme s'éveille à lui-même, qu'il saisit son Moi. Cependant, précise Steiner, la pleine conscience de son Moi, il ne peut l'acquérir que dans l'âme de conscience. Ce n'est qu'à ce moment que la connaissance véritable de soi et du monde peuvent devenir objective et que le Moi peut élargir progressivement sa conscience au suprasensible. [25]

6. Les corps supérieurs

Le disciple qui suit un chemin spirituel, anticipe par le travail qu'il fait sur lui-même, des stades de conscience qui ne deviendraient l'apanage naturel de l'humanité que dans le futur.

  • Le travail du Moi sur le corps astral, en le métamorphosant, donnerait naissance au Soi spirituel.
  • Le travail du Moi sur le corps éthérique (ou vital), en le métamorphosant donnerait naissance à l'Esprit de vie.
  • Le travail du Moi sur le corps physique, en le métamorphosant, donnerait naissance à l'Homme-Esprit. [26]

Cosmologie et anthropologie anthroposophique

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Les stades de développement de la Terre

Pour Steiner, notre Terre est la manifestation de l'activité d'êtres spirituels, êtres humains compris. Ces derniers et les êtres humains évolueraient parallèlement alors que la Terre passerait par des incarnations successives dans des substances de plus en plus denses, selon un rythme septénaire. Vers le milieu l'évolution terrestre, le processus s'inverserait grâce à l'impusion cosmique du Logos et la Terre repasserait par des états de plus en plus subtils. Notre Terre serait aujourd'hui au 172e stade sur les 343 (7x7x7) que comporte toute l'évolution terrestre.

L'entité christique

Selon Steiner, l'anthroposophie n'est pas une religion mais elle cherche à élucider le contenu des diverses religions. Dans le christianisme, par exemple, ce n'est pas le message religieux qui serait principal, mais l'action objective du Christ, reconnu comme «l'esprit guide de la terre». D'un point de vue social, le renforcement de l'ego conduirait au chaos, à la «guerre de tous contre tous». Pour éviter cela, l'entité christique pourrait imprégner les êtres humains de la force d'amour, ce qui leur permettrait de vivre ensemble en harmonie.

L'incarnation du principe christique

Selon l'anthroposophie, l'incarnation du Logos ou Verbe en Jésus aurait eu lieu lors du baptême par Jean-Baptiste dans le Jourdain.

Steiner considère l'incarnation de ce Logos dans un corps physique comme un fait de la plus haute importance pour l'évolution humaine. Tandis que les théosophes minimisaient ce rôle en faisant du Christ un avatar, un initié, ou alors un prophète ordinaire, Steiner voit dans le Christ une incarnation unique de la divinité, rendue indispensable par le cours de l'évolution [27]. Son rôle cosmique serait d'amorcer et d'accompagner la spiritualisation de la Terre. Il en déduisit que l'impulsion christique est un fait objectif qui transcende l'ensemble des religions. Selon Steiner, les premiers chrétiens ont saisi toute la portée de cet événement, mais cette compréhension commença à se perdre à partir du IVe siècle. Les schismes au sein du christianisme sont la signature de la perte de cette compréhension. À cet époque s'amorça le déploiement de l'intellect dans l'âme humaine, ce qui en contrepartie fit disparaître l'ancienne sagesse instinctive. En perdant cette sagesse, l'être humain gagne en liberté et devient de plus en plus capable de retrouver de manière consciente le lien avec le monde spirituel [28]


Steiner enseigne que la venue du Christ dans un corps physique, il y a deux mille ans, ne serait que la partie visible d'un processus cosmique qui aurait commencé bien avant cette incarnation sur la Terre. Steiner prédisait qu'à partir de 1930-1940, de plus en plus d'êtres humains seraient en mesure de prendre conscience par clairvoyance de la présence du Logos dans le monde éthérique [29].

Les entités dites «adverses»

Steiner enseigne l'existence de plusieurs catégories d'entités adverses. Ce sont des entités spirituelles qui seraient restées à des stades antérieurs de l'évolution pour amener dans notre évolution actuelle des conditions propres à ces anciens stades. Lucifer et Ahriman sont les représentants de deux tendances opposées intervenant dans le développement de l'humanité. Les forces lucifériennes auraient une action expansives, centrifuges, dilatoires, dissolvantes et calorique, alors que les forces ahrimaniennes auraient une action contractante, durcissante, centripète et refroidissante. Selon cette vision, dans l'organisme humain, les forces lucifériennes auraient un certain rapport avec les maladies de type inflammatoire, microbienne, alors que les forces ahrimaniennes seraient liées aux maladies sclérosantes, paralysantes et virales. La santé résulterait ainsi de l'équilibre dynamique entre ces deux tendances. [30]

 

L'incarnation d'Ahriman

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Le Représentant de l'humanité, luttant entre Lucifer et Ahriman pour les équilibrer

Pour Steiner, un retour du Christ dans une incarnation humaine est impossible. Les écoles ésotériques qui annoncent un futur retour du Christ, ne feraient que préparer les conditions de la venue d'une entité adverse, laquelle se ferait passer pour le Christ réincarné, légèrement comme dans le Court récit sur l'Antéchrist du philosophe russe Vladimir Soloviev. Cette entité, Steiner l'appelle Ahriman, un autre nom pour Satan. Selon lui Ahriman s'incarnerait au début du IIIe millénaire. [31]

Ère du Verseau

Steiner déclare que l'humanité est dans l'ère des Poissons depuis 1413, et qu'elle n'entrera dans l'ère du Verseau que 2160 ans plus tard soit en 3573. (voir Chronologie précessionnelle)

Réincarnation et karma

Pour Steiner, au stade actuel l'homme ne serait ni particulièrement libre, ni déterminé ; il se trouverait sur le chemin qui mène à la liberté. Progressant d'incarnation en incarnation, l'être humain développerait les facultés et le savoir qui lui permettraient en premier lieuer son environnement et sa destinée avec une maturité croissante. Un esprit qui se détermine lui-même, en toute lucidité sur ses motivations profondes, est un esprit libre.

Dans la perspective anthroposophique, l'esprit est l'élément éternel qui voyage d'une incarnation à l'autre. Les corps sont renouvelés à chaque incarnation. Le karma est défini comme le lien qui rattache un être aux conséquences de ses actions. L'esprit humain suit une évolution ascendante. Quand l'être humain psycho-spirituel, après la mort, s'est débarrassé de ce qui le rattachait à la terre, l'esprit s'élève dans les mondes spirituels aussi haut que lui permet son degré d'évolution. L'esprit humain n'est pas inactif dans les mondes spirituels ; en collaborant avec les entités spirituelles, il prépare sa prochaine incarnation. Lorsqu'il est prêt et que les conditions terrestres sont correctes, le processus s'inverse et l'esprit humain redescend vers la terre.

Sommeil et après-vie

Selon la conception de Steiner, au cours du sommeil, le corps physique resterait imprégné de l'éthérique (qui le maintient en vie), mais l'astral (l'âme) et le moi (je) s'en sépareraient. Par contre, au moment de la mort, le corps éthérique, le corps astral et le moi quitteraient définitivement le corps physique.

A partir du moment de la mort, l'individu revivrait toutes ses nuits de sommeil, soit un tiers de la durée totale de sa vie. Il retrouverait aussi ses proches décédés avant lui. Il ne pourrait que contempler le spectacle de ses actions – tel que le conçoit Aristote -, impuissant parce qu'il ne peut plus rien y changer, ce qui l'attristerait au plus haut point. Plus l'individu aurait eu un comportement moral, plus il serait entouré et en bonne compagnie. Après avoir traversé, la sphère lunaire, la sphère de Mercure et celle de Vénus, il poursuivrait son ascension à travers les sphères, solaire, de Mars, de Jupiter et de Saturne qui correspondraient à des niveaux spirituels de plus en plus élevés. Au fur et à mesure de son ascension à travers les sphères spirituelles, l'individu se dépouillerait successivement de ses corps éthérique et astral. Par la suite le processus s'inverserait et l'individualité se reconstruirait des corps au fur et à mesure de sa descente vers une nouvelle incarnation terrestre. [32][33][34]

Homme et femme

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Dans l'image de l'homme selon l'anthroposophie, il n'existerait pas deux sortes d'humains mais une seule : tout être humain serait en réalité masculin-féminin. Plutôt que de parler d'homme et de femme, il faudrait par conséquent parler de nature masculine et de nature féminine. La femme possèderait un corps physique de nature féminine mais son corps éthérique serait de nature masculine. L'homme par contre possèderait un corps physique de nature masculine et son corps éthérique serait de nature féminine. Ce qui est extérieur chez l'un vivrait intérieurement chez l'autre, et vice versa, ce qui expliquerait surtout l'attraction entre les sexes. Quant à l'âme et au moi, ils ne seraient pas sexués. Le moi éternel s'incarnerait soit en homme soit en femme, généralement alternativement, sauf exceptions et obligations liées au karma. Une incarnation comme homme n'apporterait pas les mêmes expériences qu'une incarnation comme femme. L'homme serait plus incrusté dans la matière, davantage conduit par le cerveau et l'intellect. À l'inverse, la femme serait moins profondément incarnée. Elle resterait plus proche de l'intériorité de sa psyché, de son âme, de son monde intérieur. Selon cette vision, une vie d'homme serait la cause d'une réincarnation en femme et vice versa. [35]

Durée entre les incarnations

Les êtres humains étant particulièrement dissemblables, la durée typique entre les incarnations (environ 1000 ans) serait susceptible de variations énormes. A titre d'exemple, les personnalités particulièrement liées à une conception matérialiste de la vie, ou fortement marquées par l'intellectualité, auraient du mal à évoluer dans les mondes supérieurs et se réincarneraient par conséquent plus rapidement ; les individus morts prématurément se réincarneraient d'autant plus rapidement qu'ils sont morts plus jeunes. [36]

 

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La redescente sur terre

Peu de temps avant l'apparition, l'individu verrait le germe de son corps physique se lier à l'organisme de la future mère. Après la troisième semaine de développement fœtal, le Moi s'engagerait activement dans le processus de formation du corps, lui donnerait sa forme et commencerait à s'y incarner. [37] Durant les sept premières années après l'apparition, l'enfant édifierait son corps éthérique, plus ou moins jusqu'au changement de dentition. À partir de ce moment, une bonne partie des forces formatrices éthériques seraient libérées et disponibles pour l'activité représentative. Entre la douzième et la seizième année à l'époque de la puberté, le corps astral se séparerait de l'enveloppe astrale qui le construisait. Le Moi par contre ne s'incarnerait totalement que vers l'âge de 20 ou 21 ans. [38]

Source:histophilo.com/anthroposophie.php

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