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Le blog de patybio

Des "superaliments" aux super-pouvoirs...A vérifier ?

7 Octobre 2014, 13:42pm

Publié par patybio

superaliments.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Des "superaliments" aux super-pouvoirs ?

Par "Anne Laure Pham"

 

 

 

 

 

Ouvrez l 'oeil est le bon :) Paty

 

 

 

 

Inconnus des Occidentaux il y a vingt ans, ils ont en commun un nom bizarre et une richesse en nutriments: vitamines, antioxydants ou fibres. Petites histoires de ces produits vantés comme quasi-miraculeux...A suivre !

 

 

 

 

Açaï

Anne-Laure Pham

 

Jusqu'en 2000, cette baie pourpre du bassin de l'Amazone issue d'un élégant palmier (Euterpe oleracea, pour les botanistes chevronnés) n'avait jamais été exportée. D'abord ingrédient de la boisson fétiche des sportifs de Rio de Janeiro, elle est aujourd'hui populaire dans le monde entier ou presque: on ne compte plus le nombre de jus, bonbons, vodka (!), compléments alimentaires, shampoings, potions cosmétiques, qui consacrent les vertus antioxydantes de l'açaï. Dégustée telle quelle, elle évoquerait des notes terreuses peu affriolantes. Raison pour laquelle on la mélange avec du sucre, et/ou de l'extrait de guarana, autre fruit do Brasil ­ hautement concentré en caféine. Tant qu'à verser dans la supermixture...  

Côté atouts santé, oui, le fruit est bel et bien riche en polyphénols ­ fameux antioxydants naturels ­ mais son action bénéfique sur le corps humain n'est nullement avérée. Quant à ses propriétés amincissantes ou aphrodisiaques, n'en croyez pas un mot, prévenait dès 2009 une association américaine de consommateurs, le Center for Science in The Public Interest

Camu-camu

Anne-Laure Pham

 

Outre les fans (bègues) de L'Etranger, ce "it-fruit" amazonien rouge à chair jaune acidulée ravira le grand public au cas où l'açaï perdrait de sa superbe. Car dans 100g du fruit de l'arbuste Myrciaria dubia, on compte 6g de vitamine C ­ la même quantité de kiwi en apporte 83mg en moyenne. Au Pérou, le plus gros pays exportateur de camu-camu, les revenus engendrés sont passés de 664.000 dollars (502.900 euros environ) en 2009 à plus de 1,82 million de dollars (1,37 millions d'euros) en 2013, selon les chiffres du gouvernement. Camu-camu makes money money

Chia

Anne-Laure Pham

Getty Images/iStockphoto

Dites "kia" pour ne pas choquer les oreilles prudes. Cette petite graine ovale, produite au Mexique, au Paraguay, en Argentine, en Bolivie s'est attiré les faveurs des Américains dans les années 1990. Avant de conquérir le reste des pays occidentaux. Pour la petite histoire, le terme de "chia" provient de "chiyan", qui désigne la sauge Salvia hispanica en nahuatl, la langue parlée par les Aztèques. Elle contiendrait des doses record d'oméga 3 ­- plus que dans du saumon figurez-vous-, de fibres, de calcium, de protéines. Sauf que 100g de chia, c'est un peu plus difficile à ingurgiter que 100g de saumon. On reconnaît à ce jour les mérites de toutes les graines oléagineuses ­ comme le tournesol, le lin, la courge, le chanvre... Voilà qui offre des solutions de rechange, vu le prix conséquent du chia (autour de 10 euros pour 300g). 

Fonio

Anne-Laure Pham

Thinkstock/i-Stock

Uniquement cultivée en Afrique de l'Ouest, la céréale a suscité en février dernier l'enthousiasme des flegmatiques Britanniques du Guardian: "Ce grain roi va détrôner le quinoa", assène le très sérieux journal. On y découvre le parcours du chef et entrepreneur Pierre Thiam, auteur d'un ouvrage de cuisine sénégalaise, qui s'est mis en tête de lancer le fonio sur le marché américain. Car, ironie du sort, les Sénégalais auraient tendance à mépriser cette céréale, préférant accompagner leur repas de... baguette. Ces grains se révèlent pourtant croquants et légers, avec une agréable touche de noisette, tout en étant faciles à cuisiner et à digérer. Le fonio pourrait être une alternative sympa à la semoule pour votre prochain couscous. 

Goji

Anne-Laure Pham

Thinkstock/i-Stock

Au goût à la fois acidulé et sucré, ces baies se révèlent peu plaisantes de par leur astringence en bouche. Rouges, avec de faux-airs de mini-cranberries venues de Chine, de Mongolie ou du Tibet, elles se sont pourtant déjà installées dans beaucoup de magasins d'alimentation. Des célébrités comme Madonna en ont vanté les mérites ­ sachant que la business star a aussi investi ses millions dans l'eau de coco. Les effets du fruit contre les maladies cardiaques et le cancer, ou bien encore sur la stimulation de l'activité cérébrale, ne sont toujours pas prouvés à ce jour. Autre problème, en 2010, la revue Que Choisir pointait la présence alarmante de pesticides dans ces baies, après analyse de trois références, dont deux bio. Alors, pour une expérience vitaminée moins risquée, optez pour des physalis ou des pruneaux séchés. Avantage: ils sont produits en France. Ou alors, encore plus chic si vous avez un jardin: faites pousser la plante qui porte ces baies, le Lycium barbarum. En revanche, il faudra attendre trois ans en moyenne avant qu'elle ne produise les précieuses baies. 

Kale

Anne-Laure Pham

Thinkstock

Prononcer "keyle", pas "quale" ou "quallééé". C'est bien le chou à l'accent américain le plus en vogue du moment, vu son fan club, dont font partie Bill Clinton, Michelle Obama, la super saine Gwyneth Palthrow et tous les hipsters de Brooklyn. Là encore, on l'adore pour sa richesse pléthorique en bêtacarotène, en vitamines K, C, en sels minéraux, en fer, e tutti quanti. En prime, son look de bouquet de persil atrophié intrigue. Mauvaise nouvelle: il faut s'efforcer de masser chaque feuille avec de l'huile pour un résultat moins dur à mastiquer. Et cru, il faudra se familiariser avec sa texture sans grande tendresse. Bonne nouvelle: puisqu'il demeure difficile à trouver en France, cela vous donnera une excellente raison de faire à nouveau connaissance avec le chou frisé, le chou pommé, le chou de Milan, et tant d'autres. Kale bonne idée! 

Klamath

Anne-Laure Pham

Getty Images/iStockphoto

C'est dans un lac de l'Oregon que se développe cette algue bleu-vert. Aux États-Unis, on l'appelle plutôt AFA, en référence à son espèce, Aphanizomenon flos aque. Réduite en poudre, elle apporterait un joli lot de vitamines, acides aminés et protéines. Avec la spiruline ou la chlorelle, elle fait partie des "superalgues" (oui, oui) consommées sous forme de poudre ou de gélules. Mais son goût n'a que peu d'intérêt, dommage! Par contre, sa couleur pourrait bien ajouter une belle note verte à vos jus. Youpi! Chez Sol Semilla, où elle est vendue pure à 98%, on conseille de la consommer à raison de 1 à 5g par jour, diluée dans de l'eau ou du jus. Son prix avoisine tout de même 660 euros le kilo. 

Maca

Anne-Laure Pham

Getty Images/iStockphoto

Ce tubercule pousse sur les hauts plateaux du Pérou. Membre de la famille des crucifères (chou, radis, brocolis), la maca stimulerait différents neurotransmetteurs dans le cerveau, comme la dopamine, impliquée dans les circuits du plaisir. Mais là, encore une fois, aucune étude sérieuse n'a démontré ses autres vertus ­ notamment aphrodisiaques ­ vantées par les revendeurs. Réduite en poudre, elle s'ajoute dans les plats ou les boissons. Sa saveur très "maltée" peut en destabiliser plus d'un(e). Tout comme son prix: 60 euros le kilo environ ­ un peu moins cher que la klamath, toutefois! 

Le mot de la faim

Pour des apports nutritionnels record, on peut tout simplement opter pour le cresson, le chou chinois, la blette, les épinards ou encore la laitue: une étude américaine a évalué la teneur en 17 micronutriments de 47 végétaux, établissant des scores sur 100. Le kale ne se situe ainsi qu'en 15e place. Bête comme chou ! 

 

 

 l'interviews de : "Charles Bradier"


Charles Bradier, gérant de Sol Semilla, enseigne spécialisée dans les superaliments, répond à nos questions. 

 

Charles Bradier: "Il faut consommer les superaliments avec parcimonie"

 

Charles Bradier, gérant de Sol Semilla.

 

 

Courtesy of Sol Semilla

 

 

L'utilisation de superaliments, c'est indispensable ?

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Non, bien sûr, nous ne prétendons pas que nos produits puissent faire du bien à tout le monde. Nous souhaitons faire profiter de la richesse du patrimoine mondial botanique, à ceux qui l'apprécient. 

Pourquoi vos produits sont-ils souvent aussi chers ?

Parce qu'il sont fabriqués de manière traditionnelle, raisonnée et équitable. Je prends l'exemple de l'acérola: nous procédons à sa lyophilisation sur place, le plus près possible du lieu de récolte, et obtenons une poudre quasi-pure, à 98%. D'autres fabricants se contentent de pulvériser le fruit en jus dans une atmosphère dépourvue d'humidité, pour concevoir un extrait sec, auquel ils ajoutent beaucoup d'excipients (20 à 30% au total), et ce, afin d'éviter que la poudre ne s'agglomère. 

Que répondez-vous à ceux qui reprochent aux superaliments de venir de trop loin ?

On respecte les motivations écolo des adeptes du régime locavore. Mais est-ce qu'ils se privent de chocolat ou de café pour autant? En outre, ce qui pollue le plus, c'est le transport routier. Ainsi, un produit frais transporté du Finistère à la région parisienne engendre bien plus de pollution que des fèves de cacao voguant à bord d'un bateau venu du Pérou. 

Restaurant et boutique Sol Semilla, 23, rue des Vinaigriers, 75010 Paris. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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